02/04/2020  |  5337 chroniques, 172 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 02/04/2020 à 07:42:22
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Alice Texas

La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
octobre 2003

Que ce soit lors d’un concert captivant en mai 2003 au Café de la Danse à Paris dans le cadre du très bon festival Les Femmes s'en Mêlent 2003 ou à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand en octobre 2003, Alice Texas donne immanquablement des concerts dont on se souvient longtemps après que les lumières se soient rallumées… Signé chez Fargo Records, le groupe vient de publier Sad days, un excellent album de country rock. A l’occasion de son superbe concert en première partie de Chris Whitley, nous avions rencontré Alice Schneider, la troublante chanteuse/guitariste/songwriter d’Alice Texas

Je vous ai vu sur scène en mai dernier au Café de la Danse, c’était excellent !
Alice Schneider : « Merci beaucoup ! Je me souviens de ce concert à Paris, ça s’était très bien passé ! On avait un batteur différent cette fois-là, ce soir c’est un nouveau batteur qui joue avec Le Baron et moi.

Comment avez-vous rencontré les autres membres d’Alice Texas ?
C’est une longue histoire… David le batteur qui joue sur l’album Sad days joue avec moi depuis trois ans, il n’a pas pu venir sur cette tournée. J’ai donc rencontré Greg, qui est aussi bassiste, c’est le petit ami de ma sœur… Mon ancien guitariste a « disparu » comme ça, du jour au lendemain, Olivier (Le Baron) m’a été conseillé…

Dans quelles circonstances avez-vous commencé la musique ?
J’ai commencé en jouant de la guitare. J’ai appris à jouer les accords pour interpréter des chansons. J’ai toujours chanté, c’est un rêve de continuer à faire ça aujourd’hui !

Vous écrivez toutes les chansons d’Alice Texas. Les musiciens ont-ils leur mot à dire en studio ?
La structure du morceau que j’ai composé ne change pas mais je leur laisse faire ce qu’ils veulent quand nous enregistrons, ils sont libres… Bien sûr, si je n’aime pas ce qu’ils jouent, je leur dis.

Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de composer votre propre musique ?
Johnny Cash, la vieille folk music, The Velvet Undergroud, Nick Cave

Avez-vous été affectée par la mort de Johnny Cash ?
Oui, j’étais très triste même si je savais qu’il allait mourir, surtout depuis que sa femme June Carter était morte. Il m’a énormément influencée. Sa carrière a été extraordinaire. J’aimerais avoir une carrière aussi longue et fructueuse que lui, ce serait incroyable… Mais je n’en suis pas encore là !

Avez-vous déjà assisté à un concert de Nick Cave ?
Oui, je l’ai vu trois fois en concert. Je suis très fan de ce qu’il fait. Il a une voix incroyable et j’adorais son guitariste Blixa Bargeld. Mais le nouveau n’est pas mal non plus !

J’ai lu que certains journalistes disaient que la musique d’Alice Texas était un mélange de P.J. Harvey et Nick Cave and The Bad Seeds, qu’en pensez-vous ?
C’est très flatteur. P.J. Harvey est excellente. Je peux comprendre que les gens entendent une similarité dans nos voix.

Il me semble que dans votre musique on retrouve du blues, de la country et du rock, ai-je raison ?
Oui, c’est effectivement là. J’ai écouté beaucoup de blues pendant ma jeunesse, ça se retrouve dans ma musique.

Comment décririez-vous votre musique ?
Je dirais qu’on fait du rock aux humeurs changeantes mâtiné de country, je crois que ça décris bien ce qu’on fait. Ce n’est pas de la country pure mais le dernier disque, Sad days est influencé par ce style musical. Notre prochain disque partira dans une autre direction, plus rock.

La chanson Run to you commence calmement et lentement puis, au fur et à mesure, elle devient puissante et électrique… A l’instar de ce morceau, êtes-vous d’humeur changeante dans la vie ?
Je ne vais pas jusqu’aux colères mais c’est vrai que je suis quand même un peu comme ça !

La musique d’Alice Texas serait parfaite pour un Road Movie. Seriez-vous intéressée par le fait de travailler pour le cinéma ?
Oui, j’aimerais beaucoup faire ça !

Est-ce que la vue d’un film peut influencer votre écriture ?
La plupart du temps c’est l’humeur du moment qui me pousse à écrire, particulièrement quand je me sens mal… Parfois, j’essaye d’écrire des chansons sur commande, mais ça marche moins bien que quand je suis déprimée.

Comment écrivez-vous vos chansons ?
En général, je prends ma guitare et je joue ce qui me vient sur le moment. Je n’ai pas de méthode particulière : parfois, le texte existe déjà, parfois je l’écris après la musique… Pour cet album, j’ai écrit pas mal de morceaux et après j’ai choisi des chansons qui collaient avec l’ambiance générale du disque. Sad days est assez rock. Même si l’ambiance country transparaît, le côté rock et urbain de New York ressort aussi.

Vous avez déclaré que vos paroles étaient autobiographiques. Est-ce douloureux de les chanter chaque soir ou est-ce une sorte de thérapie comme le blues qui permet de se sentir mieux après ?
Non, ce n’est pas vraiment douloureux de chanter ces paroles car ça prend un long moment entre la période d’écriture et la tournée. Mais parfois, je ne peux pas chanter certains morceaux, c’est trop dur…

Quel regard portez-vous sur la musique de Chris Whitley dont vous faites la première partie sur cette tournée ?
C’est vraiment exceptionnel de tourner avec lui ! J’ai écrit une chanson qui sera sur le prochain album, ça ne parle pas de lui mais il me l’a inspirée… C’est vraiment un musicien incroyable ! C’est un privilège pour moi d’être en tournée avec lui et de partager la scène avec lui. En plus d’être un musicien de grande qualité, c’est une personne charmante…

A l’avenir, est-ce envisageable de vous voir jouer sur scène ensemble ?
J’aimerais bien qu’il vienne sur scène avec moi mais ce n’est pas encore arrivé. Nous avons encore un concert après celui-là, peut être que ça se fera ! Son bassiste vient faire deux chansons sur scène avec nous assez souvent, c’est excellent de jouer avec lui ! .

Est-ce bizarre pour une américaine d’être signée par une maison de disque française, Fargo ?
Non ce n’est pas particulièrement étrange, je suis juste contente d’avoir un label ! Nous n’avons pas de label aux Etats-Unis, nous sommes donc très chanceux d’en avoir trouvé un ici. Je suis heureuse que quelqu’un nous ait remarqués. Les concerts sont bons, le public nous apprécie, la presse nous soutient : j’aime la France !

Ecoutez-vous parfois de la musique française ?
En mai, nous avons tourné avec Emilie Simon. Je n’aime pas tout ce qu’elle fait - même s’il y a de très bons moments - mais en tout cas elle est très sympa !

Avez-vous le même accueil pour votre musique chez vous, aux Etats-Unis et dans les autres pays ?
Oui, chez nous, nous avons bonne presse, le public apprécie nos concerts. Avant de venir en France, nous avons tourné en Allemagne, c’était très bien ! Le public voulait savoir ce que nous allions faire après l’album Sad days, les gens étaient concernés par notre musique…

Pouvez-vous évoquer votre travail de production sur Sad days ?
C’est le groupe au complet qui a produit l’album : Peter Mavrogeorgis (guitare lead), David Berger (batterie et percussions) et moi… L’album précédent avait été produit par beaucoup de personnes, celui-là a été entièrement produit par Alice Texas.

Avec qui aimeriez-vous travailler pour le prochain album ?
J’aimerais beaucoup travailler avec Steve Albini car notre prochain disque sera plus rock que Sad days. Je pense que Steve Albini serait un choix excellent ! C’est vraiment un très bon producteur !

Qu’écoutez-vous en ce moment dans le tourbus ?
On écoute beaucoup de Johnny Cash mais aussi Roxy Music, David Bowie (Live at the Beeb), The Strokes et The White Stripes

Quels sont vos projets pour les prochains mois ?
Après l’Angleterre, je vais retourner à New York… Je ne sais pas encore vraiment ce que je vais faire. J’aimerais bien tourner même si c’est fatigant. Je vais sans doute m’atteler au travail de pré-production du prochain album… »

(Photo Benjamin Hort)

www.alicetexas.org
www.fargorecords.com


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
interview publiée le 01/10/2003

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