21/11/2017  |  4911 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/11/2017 à 16:13:07
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Aälma Dili : Western Balkanique




Aälma Dili est un groupe de swing jazz manouche foutraque de l’Est parisien, plus exactement de Montreuil, ville populaire connue pour ses murs à pêches et comme lieu de résidence de notre regretté Schultz du groupe Parabellum. Au sein du groupe on trouve justement le chanteur Johnny Montreuil à la contrebasse. Il est accompagné avec les biens nommés Emilio Casteliello au chant et au violon, Clément Oury également au chant et au violon et Benoit Vincent au chant et à la guitare. La musique aux inspirations manouche, tzigane et des balkans d’Aälma Dili est très fleurie et surtout très vivante. Pas un moment de repos où la mélancolie nous ferait de l’œil. Non ici, c’est l’amour torride, les repas en famille, la fête entres potes, les impros surprises dans un bar. Les violons, mandoline, contrebasse, guitare et voix sont au taquet pour le meilleur de la musique conviviale qui trouve son dynamisme dans les bals, mariages et autres fêtes situées bien loin de la solitude. Nos cow-boys vagabonds ont la vibre étincelante, ce truc communicatif qui donne dès les premières notes, envie de VIVRE et de danser, même si on est dans un champ de ruine. Et c’est en concert que tout prend corps et sens chez eux. La communion (sans robe blanche d’obligatoire) entre le groupe et le public est tout simplement magnifique. Chez eux, le mot LIVE prend toute sa dimension et sa démesure. On ne peut pas résister à leur musique, à leur charisme et à leur « gueule d’amour cassé » échappé d’un film de Sergio Leone période « La trilogie du dollar ». Ne cherchez pas à bifurquer, et laisser vous perdre sur le chemin en terre parsemé de cailloux des étonnants Aälma Dili.
Emilio Castiello répond à nos questions.


Vous pouvez nous raconter comment vous vous êtes rencontré ? Et qu’est-ce qui vous as motivé à créer le groupe ?
On s’est rencontré sur les bancs de l’école buissonnière, d’abord guitare/violon puis contrebasse, puis un deuxième violon pour grossir l’équipe.

Dans le choix des instruments, il n’y a que des instruments à cordes. Pas d’accordéon, n’y de cuivres, n’y d’orgue, n’y de « danse du ventre » (ok je m’égare). Vous pouvez vous dire la raison de ce choix ?
Depuis le début, on cherche un son qui nous est propre, sans entrer dans les clichés et surtout en restant « light » pour pouvoir jouer partout sans devoir louer un gros van. Puis on c’est habitué, ça fait 5 ans maintenant.

Votre nom de groupe signifie en gitan « L’âme des fous ». Vous pouvez nous éclairer sur le choix du nom ?
C’est en fait un mélange de deux langues, puis on y a ajouté notre fantaisie dans la traduction. AÄLMA = l’âme en espagnole et DILI qui signifie folles en langue rom ce qui voudrait dire l’âme des folles, mais nous on dit l’âme des fous. Enfin chacun a la liberté de l’interpréter comme il l’entend.

Vous avez beaucoup voyagé. Cela a été nécessaire pour vous pour trouver cette puissance de son et de style ? Quels sont les pays et peuples qui vous ont donné le plus d’adrénaline ?
Le voyage est nécessaire quoi qu’il arrive ! Pour nous c’est certains qu’il nous a ouvert à beaucoup de cultures et de peuples qui se retrouvent dans notre musique. On s’est librement inspiré de l’est à l’ouest du nord au sud ! Mention spéciale pour l’Ex Yougoslavie.

Votre musique mélange pleins de styles. Vous pouvez nous parler de ce meeting pot qui vous réussi si bien ?
Même pour nous ce mélange est difficile à décrire. On puise dans les influences, les cultures et les envies de chaque membre du groupe, on fait notre tambouille avec tout les aromates qu’on sent et qu’on apprécie.

Votre musique est très festive. On sent les banquets, bals, mariages, troquets de quartier, bref chez vous c’est spécial « Jour de fête ». Que représente pour vous la famille, les amis, les collègues, les réunions amicales entres les Homo sapiens ?
Chaque concert est une fête ! On a déjà joué dans beaucoup de situations différentes, et à chaque fois on est content de voir les gens en face de nous avec la banane. C’est vraiment ça qui nous file la pêche pour continuer notre aventure.

Votre nouvel album s’appelle Pour une poignée de Dinard. Sur la pochette on voit une fille sur un cheval, et en concert vous porter des vêtements de cow-boy. Qu’est-ce qui vous fascine dans l’imagerie du western ? Quels sont vos références ?
Pour une poignée de Dinars c’est notre Eastern (l’Est oriental) fantasmé, la croisée des chemins entre beaucoup de musiques, de cultures. Si on regarde bien certains westerns de Sergio Leone, les mecs on souvent des têtes de gitans, en famille toujours soudés dans l’adversité et toujours à guetter le larcin. C’est comme ça qu’on a envisagé notre groupe, comme des vagabonds toujours prêts à dégainer. Pas nos flingues mais nos glingues. Et pour la fille sur la pochette, c’est notre côté romantique et c’est plutôt vendeur non ?

Comment c’est construit la création de se nouvel album ? Le rôle de chacun, qui fait quoi ?
Tout le monde y a mis du cœur, certains dans la composition, d’autre dans l’arrangement ou même dans le financement. Ça faisait deux ans qu’on était sur cet album, on a essayé de raconter une histoire sans trop de concession et d’aller au bout de notre délire de western balkanique à la sauce spaghetti. On est content du résultat et vivement le prochain album pour aller encore plus loin.

La scène a-t-elle été un moteur pour composer et tester les nouveaux morceaux ?
Carrément ! Certains morceaux de l’album figuraient déjà dans notre set, et on en a testés d’autres avant de les enregistrer. C’est un album produit en studio, on a vraiment fait gaffe au rendu, ce à quoi on n’avait pas vraiment réfléchi sur les précédents albums.

Je vous ai vu en concert à Paris au Studio de l’Ermitage. C’était énorme. C’est toujours comme ça vos concerts ? La réaction du public, c’est important pour vous ?
Au début on galérait pour faire danser les gens dès le 3ème morceau, mais depuis quelques temps c’est souvent comme ça. La réaction du public est primordiale, c’est ce qui nous met le feu au cul. C’est comme au tennis, on sert pour le match, on se fait rattraper, on en remet une couche, et ce jusqu'à la fin du concert. Le public est notre allié, il nous pousse toujours à aller de l’avant dans notre cavalcade Dili (folle).

Vous habitez à Montreuil. Que représente cette ville pour vous ? Comment voyez-vous l’évolution dans le monde actuel (notamment le prix du logement = bobos qui achètent des anciens ateliers pour les transformer en loft), de cette ville populaire, multi culture et ouvrière qui essais de rester authentique ?
C’est le genre de question qu’on nous pose souvent. Montreuil nous a beaucoup apporté et continue de nous apporter. On n’a pas mal écumé les troquets et les fêtes montreuilloises, aussi rencontré beaucoup de musiciens et de personnages de tous les horizons. Après le prix du logement, hélas c’est partout pareil, et la banlieue évolue depuis une bonne dizaine d’années maintenant. Il ne faut plus être surpris, Paris grandi.

Pour nos amis de province (et de Paris qui ne passent pas le périf) qui ne connaissent pas Montreuil, 5 spots incontournables que vous leurs conseillé ?
Alors 5 spots à Montreuil : Si vous voulez bien manger pour pas chère y’a Chez LILI qui fais un excellent Bô-Bun dans le centre commercial à Croix de Chavaux.
Sinon il y a La Comédia-Michelet, un bon bar comme il en existe presque plus en île de France. Respect à Rachid et son équipe. C’est la qu’on a tourné notre clip Kenavo Narvalo.
L’Escale sur le BD Chanzy, allez-y de notre part.
La Marbrerie, une salle qui va bien cartonner dans les prochaines années et qui cartonne déjà !
La Parole Errante, toujours en place pour s’en mettre un peut dans le citron. Y’en a plein d’autre, après il faut se balader ou s’adresser au syndicat d’initiative.

Si vous avez autre chose à rajouter, un message à faire passer, c’est ici. Vive la vagabonderie libre et la franche camaraderie. La morale de cette histoire c’est qu’avec une poignée de dinars et un peut d’imagination on peut aller dans toutes les directions.

Chronique de l’album Pour une poignée de Dinard ici



www.facebook.com/AalmaDili.officiel/
www.youtube.com/watch?v=cA-gAXR_35A

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
interview publiée le 15/06/2017

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