27/01/2020  |  5296 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 27/01/2020 à 17:39:51
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Cali

Toulouse
juillet 2003

C’est par une belle journée ensoleillée du mois de Juillet que j’interviewe sur une terrasse toulousaine le dénommé Cali, futur espoir de la chanson française, qui s’apprête à sortir à la rentrée son premier opus studio, L’amour Parfait (Labels/Virgin). Comme ce jeune homme est originaire de la région de Perpignan et que sa musique est excellente, nous avons forcément pas mal de choses à nous dire…Compte-rendu :

Par rapport à ton expérience avec Tom Scarlett, est-ce que tu considères cet album comme une sorte de nouveau départ pour toi au sens musical du terme, ou plutôt une suite logique de tout ce que tu as pu faire précédemment.
Avec le recul, une suite logique on va dire. Sachant que le guitariste de Tom Scarlett est venu avec moi en Angleterre pour l’enregistrement, qu’il m’accompagne également sur la tournée, où on reprendra 2 de nos anciens titres avec de nouveaux arrangements. D’ailleurs, un de ces titres est présent sur l’album.

C’est un album qui a un son très direct, très immédiat, presque "cru" parfois. Est-ce que c’est ta longue expérience du live qui t’a conduit à avoir ce type de son ?
Sur la fin de Tom Scarlett, j’avais commencé à beaucoup maquetter en piano-voix ou guitare-voix. Le son très "cru" et très "nu" qui en résultait me plaisait assez, et je m’étais dit que si un jour j’avais les "moyens de", j’essayerais de ne pas m’éloigner de ce résultat là. Puis j’en ai pas mal discuté avec le producteur/directeur artistique Daniel Presley (Faith No More, Breeders, Spain, Dionysos) qui a bossé sur mon album, et il était partant pour rester dans cette idée-là. Ce qui accentue cet effet c’est le mixage de la voix qui est très en avant, sans doute mon influence "Miossec".

A la première écoute, on trouve des accointances au niveau des textes avec ceux de Miossec, et au niveau musique, un petit côté "chanson-rock" qui évoque des groupes comme Tarmac, La Tordue ou Louise Attaque. Ce sont des groupes et un univers que tu avais en tête pendant l’enregistrement de cet album ?
Absolument pas. Beaucoup de personnes me parlent de Tarmac et de Louise Attaque, je crois que c’est du à l’association cordes-guitare acoustique que j’utilise, et qui peut être vu comme un rapprochement. Par contre, je revendique l’influence de Miossec sans problème, ainsi que celle de Dominique A. De manière générale, mes références sont plutôt anglo-saxonnes, avec des artistes comme Van Morrison ou les Waterboys.

Pour les textes de tes chansons, tu as des thèmes particuliers qui te sont chers, sur lesquels tu veux t’exprimer plus particulièrement, ou peut-être que tu es influencé par tes proches où les faits divers des journaux ?
Je pense que je n’ai pas de réponses à ça. Par exemple, pour cet album il y avait une quarantaine de chansons avec plusieurs thématiques, et finalement les 13 retenues tournent essentiellement autour de l’amour: l’avant, le pendant et l’après, avec ses joies, ses défaites…Je n’ai pas vraiment de recettes en matière d’écriture, à part peut-être mon carnet de poèmes dans lequel je me plonge de temps à autre, afin d’essayer d’en faire des chansons.

Par rapport au contexte musical actuel, c’est à dire un retour au rock avec les Strokes, White Stripes et consorts, et surtout un vrai retour de la chanson française à texte, avec entre autres Delerm, Benabar, Katerine, est-ce que tu n’as pas l’impression d’être sur un courant porteur ? Que la période est propice pour ton style de musique ?
Oui, incontestablement, c’est vraiment une chance. J’espère en profiter, même si je trouve que le terme "retour de la chanson française" n’est pas vrai car elle a toujours été là. Delerm n’écrit pas depuis hier, Benabar non plus….en tout cas, je suis très fier de ce qui se passe actuellement. J’ai vu récemment les White Stripes à L’Olympia, et pour moi ça reste la claque depuis pas mal d’années !
Entre le retour de cet "esprit rock" avec les Strokes, les Kills, les Yeah Yeah Yeahs, et la visibilité de la nouvelle chanson française, c’est vraiment un contexte qui me convient tout à fait.

Est-ce que les Pyrénées-Orientales et Perpignan sont selon toi un contexte propice pour faire de la musique ? Est-ce que tu as senti une émulation culturelle à Perpignan, et que penses-tu des infrastructures existantes comme Le Médiator ?
Je vais te parler du Médiator, car je suis très proche de cette salle, et je pense que c’est vraiment l’avancée essentielle de Perpignan actuellement. Je ne sais pas si tu y es retourné récemment, mais tout a été retravaillé au niveau de l’infrastructure, du son. Maintenant, les groupes nationaux et internationaux qui se produisent là-bas veulent y revenir rapidement. Egalement, des locaux de répétition et d’enregistrement sont mis à la disposition des artistes locaux sous Le Médiator. En tout cas, ils nous ont bien aidé, les cordes de l’album ont été réalisées là-bas ainsi que le pré-enregistrement.

Est-ce que tu es curieux de l’actu’ musicale, pop, rock, electro, nouvelle chanson française, etc… Ou es-tu plutôt du style à te replonger dans tes vieux 33 tours ?
Les 2 sans problème. Il y a une semaine, je me suis réécouté le premier Clash, avec cette chanson, Jenny Jones, qui m’a longtemps bercé…j’ai eu l’impression qu’elle avait été écrite hier. Actuellement, toute cette nouvelle scène rock avec les White Stripes et autres m’intéresse au plus haut point. En chanson française, je suis plus derrière des garçons comme Dominique A, son dernier album Auguri est un vrai chef-d’œuvre, n’ayons pas peur des mots.

www.cestquandlebonheur.com
www.labels.tm.fr

auteur : Olivier Marin - olivier.marin@foutraque.com
interview publiée le 04/08/2003

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