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Frédéric Galliano

Festival de Thau, Mèze (Hérault)
dimanche 18 juillet 2004

C’est aux alentours de 22 heures, peu de temps avant sa prestation au Festival de Thau, que Frédéric Galliano a bien voulu répondre aux questions de Foutraque. Rencontre colorée avec celui qui a probablement le mieux compris les liens invisibles qui unissent musique électronique et musique traditionnelle africaine...

Foutraque : Quelle est votre première impression sur le festival, qui a déjà accueilli de grands noms tels que Femi Kuti ou Maceo Parker ?

Frédéric Galliano : « Pour l’instant je ne peux pas en penser grand chose car je viens juste d’arriver, et pour l’instant tout ce que je vois c’est que c’est au bord de la mer et c’est plutôt cool…

Que pensez-vous de l’évolution actuelle des musiques électroniques, qui vont vers davantage de métissage (rock, world, jazz) ?

C’est une évolution normale des choses. Toutes les musiques, quand elles naissent, sont très centrées sur elles-mêmes, et quand elles ont fait le tour de certaines choses, eh bien c’est dans la logique de s’ouvrir : le rock, l’opéra-rock, le jazz-rock, le rock-fusion… et dans la musique électronique : electro-world, electro-jazz, electro-pop, c’est l’évolution normale des choses.

Le côté « primitif », transcendant, la simplicité apparente des bases, ce sont des points communs entre la musique électronique et celle d’Afrique noire : peut-on dire que c’est cela qui a motivé votre démarche ?

Ce qui a motivé ma démarche, c’est le fait que ces deux musiques me plaisent, et qu’une fois que j’avais trouvé la passerelle entre les deux, je pouvais exploiter ça dans le cadre de mon travail. C’est aussi simple que ça, ça fait parti de mes références, la musique ethnique fait parti de mes références d’adolescent.

Votre dernier album Frédéric Galliano & The African Divas a-t-il été distribué en Afrique ? Et si oui, comment a-t-il été perçu ?

Il a été distribué sur support K7, et a été bien perçu, les africains sont assez ouverts au métissage de leur musique avec d’autres musiques, en l’occurrence la musique électronique.

Que pensez-vous de la démarche, similaire à la votre, de Damon Albarn du groupe Blur (ndlr : enregistrement du disque Mali Music avec des musiciens maliens) ?

Il a fait un travail un peu superficiel, mais il est resté qu’un mois sur place.

Que pensez-vous du fait qu’il ait (D. Albarn) dû retravailler sa musique en studio pour la rendre plus accessible aux « oreilles occidentales » ?

Moi, je comprends qu’en passant un mois au Mali on ne puisse pas profondément s’inspirer de ce que l’on trouve sur place… maintenant la chose qu’il faut considérer c’est que ça été fait dans le cadre d’une commande pour une œuvre de charité en Angleterre, donc il a fait comme il a pu, dedans il y a de très bonnes choses mais globalement on entend toujours un peu les mêmes musiciens, que l’on connaît déjà. Ce n’est pas du tout dans la direction que je mène, mais ça a le mérite d’exister.

On peut voir sur votre site Web (www.fredericgalliano.com) de très belles photos, un carnet de voyage imagé ; ce témoignage visuel c’est important pour vous ?

Je fais toujours beaucoup de photos oui, c’est important pour moi et je les fais pour moi.

On parle souvent de F Communications comme d’une maison « paternaliste ». Que pensez-vous de l’évolution du label et de la gestion de son catalogue ?

Je veux pas en parler, c’est pas mon domaine, moi je suis bien dans cette maison de disque, et Eric Morand (ndlr : cofondateur de F Com avec Laurent Garnier) la gère très bien.

Quelle est la signification du nom de votre label, « Frikyiwa » ?

C’est le nom d’une clave du Ghana, formée de 2 bagues en métal. Phonétiquement c’est joli, dedans il y a « Freaky », c’est plutôt drôle, l’écriture est jolie : le F, le K, le W, le Y… et puis la clave est un instrument de base, qui permet de donner le temps d’un morceau, qui permet de réunir des gens autour d’une musique, comme un métronome.

Que pensez-vous de l’état actuel de l’industrie du disque ? Comment gérez-vous Frikyiwa dans ces conditions ?

Je gère comme je le fais depuis le début, et je voudrais dire que l’industrie du disque elle vit un triste retour de manivelle, et le problème c’est que s'il y avait que les Majors qui prenaient des coups de bâton, ça ne me dérangerait pas – c’est eux qui ont institué cette merde – mais tout le monde prend…

Que pensez-vous du Peer to Peer, illégal ou réglementé ?

Pour l’illégal je trouve ça dégueulasse, quand je fais un morceau je travaille et ça doit être reconnu et rétribué, sinon pourquoi j’irais pas dans un pizzeria et je demande un repas et puis je paye pas, voilà, c’est cool quoi…

Mais ne pensez-vous pas justement qu’un mode de distribution payant via Internet favoriserait les artistes au dépend des Majors…

Moi je fais un morceau, c’est payant, c’est normal, maintenant ils font ce qu’ils veulent ceux qui vont signer dans des Majors !

Que comptez-vous faire après cette tournée d’été avec vos divas africaines ? Un retour en studio est-il d’ores et déjà programmé, ou allez-vous faire un « break » ?

Une tournée d’automne, une tournée d’hiver et une tournée 2005 ! »

A signaler : la sortie en avril dernier de l’album Sacré Live !

www.fredericgalliano.com
www.frikyiwa.com
www.fcom.fr

auteur : Christophe Leclère - christopheleclere@wanadoo.fr
interview publiée le 19/07/2004

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