15/09/2019  |  5229 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 01/09/2019 à 18:56:09
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Jean-Christophe Aplincourt (directeur du festival Le Rock Dans Tous Ses Etats)

Entretien réalisé par e-mail
juin 2005

Alors que la 22ème édition du Rock Dans Tous Ses Etats pointe son nez (les 24 et 25 juin, avec en soirée d'ouverture le 23 juin, à l'Abordage, l'ami personnel de Jack White, Brendan Benson), Jean-Christophe Aplincourt, directeur du festival et de la salle l'Abordage à Evreux, donne son point de vue sur l'organisation de concerts, du RDTSE et évoque ses rapports au quotidien avec le monde de la musique : instructif.

Quel est ton cursus ?
Alors ça commence par Bob Dylan et le syndicalisme lycéen dans le Nord, l'autostop, puis IUT d'animateur socio-culturel, puis graphiste objecteur de conscience, mes premiers concerts en 89 à Calais, ça a duré 6 ans, sacrée bande de copains plutôt tendance Young Gods, Treponem Pal ...
Petit détour par Lyon pour un DESS culturel et arrivée à Evreux il y a neuf ans, gasp ! Sacrée bande de copains aussi...

Avais-tu plus jeune, déjà organisé des concerts, des soirées ?
Je passais les disques dans les boums de ma soeur !

Gérer une salle de musiques actuelles, comme l'Abordage (rock en gros !) correspond à ce que tu imaginais ?
Ca reste compliqué, la légitimité de ces projets est toujours à conquérir et avec le temps ça use. Mais c'est en même temps la meilleure chose qui ait pu m'arriver.
Je trouve cela juste, les spectateurs sont reconnus dans leur goût et en même temps on peut les emmener ailleurs. Et puis il y a des artistes terribles, captivants.

La prog. de l'Abordage et celle du Rock Dans Tous Ses Etats sont d'une grande qualité et très pointues par la même occasion, dois-tu justifier tes choix ou bénéficies tu d'une autonomie totale ?
Merci du compliment.
L'autonomie ça demande beaucoup de relations. Mais c'est vrai que nous y sommes parvenus même si notre salle est particulièrement difficile à travailler.
Il faut avoir de l'audace et en même temps susciter la confiance des gens. On devient alors prescripteur, le lieu s'impose comme une marque de qualité. Avoir de l'audace sans le public c'est snob, et à l'inverse on peut être démagogue.
Et puis il y a des artistes qui nous rendent fiers de notre travail, cette année c'était sutout The Black Keys, Antony & the Johnsons, Ray Lamontagne, LCD Soundsystem...

Combien coûte l'organisation d'un concert ? Par exemple Nashville Pussy et les BellRays en argent, en stress et en temps ?
6 à 7000 € de dépenses pour 5 à 6000 € de recettes, en stress ça va on maîtrise ce genre de concert assez bien. En temps, ça court sur 3 mois entre la mise au point de la date, la négociation, la promotion, la préparation technique, le jour du concert et l'after-show sympathique.

Le RDTSE est bien ancré dans le panorama des festivals Français (cela a d'ailleurs permis de situer enfin Evreux sur une carte de France), est-ce une affaire qui roule ou un édifice à rebâtir sans cesse ?
Oui c'est vrai, avant les gens confondaient Evreux et Dreux et nous parlaient de Stirbois. Le festival donne du rayonnement à la ville. Et le public est sympa, assez fidélisé donc il y a un capital. En même temps, il faut toujours trouver de bons artistes sans faire trop de compromis.
On est en concurrence avec des festivals Européens qui ont un public beaucoup plus développé. Je passe par des moments de doute assez profond et puis ensuite ça devient une réalité partagée.
Tenir l'équilibre financier reste toujours délicat mais on a une vraie connivence avec nos fournisseurs, et puis l'esprit d'équipe ça déplace des montagnes !

Il était prévu l'inauguration en 2006 d'une SMAC (scène de musiques actuelles - label estampillé par le Ministère de la Culture) à Evreux. Le projet semble différé... Qu'en est-il ?
Effectivement, le retard de ce dossier pèse lourd sur notre moral. Après 40 ans de concerts rock à Evreux (la ville était une base Américaine après la guerre et Hendrix y a donné son premier concert hexagonal), devoir démontrer qu'une vraie salle est nécessaire paraît incroyable.
Les musiques actuelles sont ancrées dans la culture locale, elles traversent les générations et les clivages sociaux, elles ont du sens pour beaucoup de gens, elles donnent une ouverture sur le monde, les gens se construisent avec elles. Elles sont un facteur de modernisation de la ville.
Et pourtant, le projet est bloqué, la ville hésite sur son implantation, le trouve coûteux.
Ca donne envie d'aller voir ailleurs alors que nous portons une aventure culturelle formidable et providentielle pour une ville comme Evreux.

Chroniques de l'édition 2004 du RDTSE :
vendredi 25 juin
samedi 26 juin

www.lerock.org
www.abordage.net

auteur : Samuel Charon -
interview publiée le 18/06/2005

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