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TTC

Belfort (Les Eurockéennes)
dimanche 3 juillet 2005

A l’image de sa musique, TTC ne fait rien comme les autres. La traditionnelle conférence de presse officielle organisée par les Eurockéennes dérape complètement. L’intervieweur du festival ose utiliser le terme de « respect » dans une de ses questions. Le terme ne colle pas trop aux paroles machistico-surréalistes de TTC et le sang de Teki Latex ne fait qu’un tour. Il s’emporte et saborde la conférence de presse devant un public de journalistes qui n’en attendait pas tant. Résultat : la conférence de presse se transforme en mini-interviews, seul à seul avec le groupe, sur les canapés mis à disposition par l’organisation. Une organisation qui, entre temps, avait déserté … et coupé les micros.
Une fille du fanzine Trublion va voir Teki Latex pour savoir pourquoi les TTC ne se sont pas présentés à l’interview qu’ils devaient faire avec elle une heure avant. Réponse du rappeur : « De toute façon, ton nom de mag est pourri ! » Le ton est donné.

Avec votre premier album, vous étiez considérés comme les espoirs du rap intello. Aujourd’hui, après Bâtards Sensibles, vous êtes devenus des héros de l’internationale branleur. C’est quoi le vrai visage de TTC ?
On n’a jamais trop calculé vers quel son on allait se diriger. Tout s’est toujours fait très naturellement. C’est vrai que sur notre premier album, Ceci n’est pas un disque, on était très rap indé. Mais faut dire qu’on écoutait à l’époque beaucoup de son américain pointu, du genre Anticon. D’ailleurs, que des trucs qu’on ne trouvait pas encore en vente en France. Ce qui peut expliquer qu’on a pu nous considérer comme un groupe indé.

Et comment expliquer alors le virage dancefloor d’aujourd’hui ?
On a toujours eu un côté dancefloor. Quand t’écoutes notre premier maxi, Game Over 99, on est plus proche de notre son actuel que de celui de notre premier disque. Mais, clairement, avant de faire Bâtards Sensibles, on s’est mis à écouter d’autres choses, des musiques beaucoup plus pop. Et je vais te dire, c’est très logique, notre réel background, c’est pas tant le hip-hop que des conneries du genre MTV ou Champs-Elysées.

On a justement l’impression que votre musique importe en France un genre qui n’existe pas, une sorte d’entre-deux entre la pop et le hip-hop ?
C’est vrai qu’en France, on n’a pas la même culture pop que dans les autres pays européens. Personne ne parle anglais et du coup, on ne comprend jamais les tubes. C’est tout une sous-culture qu’on perd. Et c’est un peu ça qu’on essaye de mettre dans notre musique.

Vous allez garder cette orientation pop pour votre troisième album ?
On ne sait pas encore mais on pense garder ce côté pop et même aller encore plus loin dans cette veine.

Avec des chansons comme Dans le Club et Girlfriend, vous avez défini une mythologie de l’entrée en boîte des mecs de TTC. Comment ça se passe en réalité ? Est-ce-que vous avez la trique ? Est-ce-que toutes les meufs ont quelque chose de bizarre dans leur cœur ?
Oui, c’est vrai qu’avec ces deux chansons, on a créé tout un truc autour de notre arrivée en boîte. Comment ça se passe en réalité ? Eh bien, sache déjà que avant que TTC arrive, les soirées à Paris sont bien chiantes. On arrive, on a la trique ou non et on met le feu. Girlfriend et ses paroles orgiesques, c’est un fantasme, certes, mais pas entièrement…

Et comment ça se passe avec les filles ?
Déjà, on est plus ou moins maqués. Donc les filles, théoriquement, on doit les repousser. Néanmoins ça nous est parfois arrivé d’en retrouver dans nos chambres. Et on n’était pas au courant.

Aux Eurockéennes, aujourd’hui, vont se produire les Américaines du Tigre qui sont réputées pour être très féministes. On peut donc imaginer qu’elles hallucineraient en découvrant vos paroles. Vous leur direz quoi si vous les croisez dans les travées du festival ?
Ca y est, t’es content, t’as posé ta question de merde. T’en a pas une plus pourrie encore ?

www.batards-sensibles.com
www.v2.fr
www.eurockeennes.fr

auteur : Vincent Glad - vincent[at]foutraque.com
interview publiée le 10/07/2005

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