22/09/2019  |  5233 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 21/09/2019 à 11:27:25
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Portraits de festivaliers #2

Festival Bêtes de Scène, Le Noumatrouff (Mulhouse, 68)
juillet 2005

Se tenant assise derrière sa longue table rouge, Emilie attend patiemment. Elle profite de cette ambiance flottante et consumée par le soleil d’été. Emilie n’est pas là par hasard. Elle cherchait un raccourci que jamais elle ne trouva… Naaaaaaaaan, en fait ce soir, elle bosse en tant que bénévole (sur ce coup là, on y était presque). T-shirts et posters ornent derrière elle le mur du Noumatrouff. Le patchwork est à l’image de la soirée : coloré et festif.


Emilie

C’est par l’intermédiaire de l’assoc’ « Caméléon » qu’Emilie officie de toute grâce. Mais ce n’est pas la seule corde à son banjo, Mademoiselle travaille aussi au service culturel de la ville. Ce n’est pas rien ça Madame !
Mais les temps changent (MC Solaar, si tu nous regardes…), avant, les festivals se pratiquaient en meute d’étudiants, c’était Scout Toujours en avant la 5ième compagnie ! A présent, le merveilleux monde du travail de notre superbe société de consommation est passé par là. Et c’est en petit comité syndiqué que la lutte continue et que le plaisir des festivals perdure.
Mais arrive le drame. L’œil d’Emilie s’est transmuté. Oui, le fameux regard professionnel, la vue perçante et féline observant sans relâche ce petit monde des festivals vous guète. La fameuse porte des étoiles professionnelle n’est pas de la S.F. (Tilk range ta patate sur ton front s’il te plait).
Mais grand bien vous fasse, rassurez vos mémés, Emilie restera à jamais une charmante demoiselle vous accueillant toujours avec le sourire et la bonne humeur qui caractérisent les fumeurs de pipes bulgares.

***

Seul sur la plage les yeux dans l’eau, Christophe était trop beau. Bon en fait c’est plus avec un verre de bière et des amis au Noumatrouff, mais il faut y croire aussi un peu de temps en temps (je sais cette phrase est longue et alors je peux même en rajouter encore tout plein si je veux avec mes cheveux alors on commence pas, hein ?!?).


Christophe

Comme sus-écrit précédemment, Christophe, notre chère Christophe national, n’est pas mort (et son dernier disque non plus, désolé). Christophe est là pour s’amuser avec ses amis (bon ça c’est dit). N’étant pas un grand aventurier chasseur de festivals sauvages, Christophe aime tout de même cette ambiance de brousse et de kebabs qui fait tout le charme des festivals d’été. C’est donc avec la plus grande décontraction qu’il profite oisivement de la musique environnante. Mais attention, on ne réveille pas un Christophe qui dore, il reviendra l’année prochaine pour jerker sous un soleil endiablé comme l’Alsace sait si bien nous concocter. Mais attention, pas tout seul, un homme averti en vaut deux, la brousse reste à tout moment dangereuse et ça Christophe le sait mieux que quiconque.

***

A la rubrique festosexo nous accueillons Hélène et Jérôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôôme (on a le droit d’être fan de Tex Avery).
Ce couple idyllique, baignant dans le plus glamour des verres de bière chaude, se pose en phare dans cet océan de pénurie romantique. Ils aiment voguer au gré des festivals d’été. Emportant avec eux leur cargaison de bonne humeur, ils apprécient tout particulièrement l’exotisme musical au-delà (du réel) des rivages radiodiffusés. Madame n’hésitant pas à suivre Monsieur dans ses explorations sonores (attention, boules Quies obligatoires).




Jérôme et Hélène

Précisons tout de suite que Jérôme et Hélène ont l’amour du risque (Jonathan et Jennifer, les justiciers milliardaires). Jérôme a déjà suivi un stage commando aux Eurockéennes. Sous la pluie, le froid, tout grelottant et humide jusqu’au string, notre Jérôme a vaillamment bravé les rudes conditions belfortaines. Hélène n’est pas en reste pour avoir passer tout un festival pendu à son torticolis.
Mais l’aventure n’est pas toujours au coin de la rue. Comme le dit si bien Hélène, « il ne faut pas louper un truc à Mulhouse car après y'a plus rien. » « ça booste à sortir !!!!!!!». Alors, comme Hélène et Jérôme, sortons nos Boosters kittés Polini et fartons les festivals !

***

Alors là mesdames, on retrouve Franck, notre chevalier servant de la soirée. Un vrai petit prince double choc irrésistiblement craquant, ne manque plus que le verre de lait. Mais Franck sert plus volontiers de la bonne bière et du cola Alsacien tout pas bon pouibeurqpouaopabon.
Monsieur est barman pour ce soir. Mais attention, pour en arriver là, cette nuit, avec nous, il a su braver 100 & 1 dangers (bon aller, 1000 & 1 mais c’est juste pour cette fois) et autres péripéties dignes des plus valeureux chevaliers de la table ronde.


Franck

Tout commence en 2001 (l’odyssée de l’espace, bien sûr) au Noumatrouff. Notre jeune écuyer paré de toute sa fougue, rentre dans la danse et passe du côté obscur de la force. Notre stagiaire préféré développe sa technique du tirage de pompe à bière avec les plus grands maîtres d’Alsace (Maître Kanter pour ne pas le citer). Et puis vient le temps de la reconnaissance de ses pairs. Et c’est avec une joie non dissimulée, que Franck obtiendra pour cette fois le grade de « Petit Chef du Bar » (même que la pouffe blonde de Marlène ni est jamais arrivée même en étant très très Gentil, n’est ce pas Pascal ?). Toutes nos félicitations pour cette promotion.

***

Roland, Roland, Roland.
Vous connaissez la chanson ? Celle du col de Roncevaux, de Charlemagne et des Vascons. Et bien Roland n’est pas mort. Nous l’avons retrouvé au Noumatrouff.
Et c’est en chantant à tue tête sur un air de ménestrel, que nous allons vous conter la légende de Roland le Vaillant.

Tour à tour, guitariste
Tour à tour, danseur
Tour à tour, festivalier
Mais tour à tour généreux
Quelque soit la musique que tu me demanderas Rémy
Toujours, je dis bien toujours
Roland y pourra.


Roland

Roland le Vaillant n’est pas Homme à se laisser encroûter lamentablement dans son canapé devant Drucker (le petit Michel). Non, Sieur Roland est membre de la fédé Hiéro (bon c’est un peu moins palpitant que le club des 5, mais en même temps c’est beaucoup plus marrant).
Et pour vous donner enfin une leçon d’éducation digne des « Choristes » (Gérard on pense très fort à toi et à ton banquier) voici quelques Rolandries sélectionnées pour vous :

« Le rock français c’est de la merde. »
« La StarAccc’ c’est de la merde. »
« Le rap c’est pas de la musique. »
« C’est une question de génération. »
« Les jeunes devraient faire comme moi. »
« Moi il me faut des sportives. »
« Quand tu aimes, tu fais pas attention. »
« Maintenant je sais au bout de 5 minutes si ça va être bon. »

***

Mélanie, attentive durant les concerts, profite de la moindre miette de décibel. Ce soir c’est PopRock, ça change !
Là, devant nos yeux écaillés (ok on appelle ça une coquille dans le métier), un miracle se produisit. Ce soir, au Noumatrouff, un ange descendit du ciel. Sur sa flamboyante Harley Davidson (désolé Johnny pour le rapt au stade de France), il ne craint personne et burn à tout va sur la scène, enivrant l’atmosphère de fumée made in Michelin. C’est comme ça que les choses se passent au royaume du Rock&Roll !!!
Descendant de sa vrombissante machine de feu, notre ange commence alors son office.


Mélanie

A grands coups de guitare saturée il appelle les Dieux du Rock&Roll. La caisse claire cogne et l’ange prolonge son invocation. Ses ailes se déploient laissant apparaître ses tatouages Mickey & Minnie (note : on peut y trouver aussi une ancre de marine, une femme à poile ratée et un cocker). Dès lors, les lumières rougirent d’une intense incandescence. Il prit le médiator, le rompit et le donna à ses fans en leur disant, « Ceci est ma clé de sol, prenez là et pogotez en paix ! ». Suivi un recueillement chaotique de décibels brouillons apportant à ses disciples toute la force d’un bulldozer tournant à l’éther.
Piste déserte, dernière cigarette, plus rien ne bouge.
L’ange a chassé les démons de minuit, les démons des boîtes de nuit. C’est le triomphe du Rock&Roll sur la techno CORA, alénouia dans la paix d’Hendrix !

***

Il était une fois, dans un pays lointain, fort lointain, deux petites filles aux yeux bridés. Elles venaient du pays qui voit naître le soleil chaque jour. Dans ce radieux pays, ses habitants étaient tous heureux avec leurs PlayStations. Mais loin des postes de télévision, une bande de troubadours perpétraient des coutumes ancestrales. Equipés d’instruments de musique, ils enivraient l’espace de sonorités loufoques et festives.
C’est en ce promenant dans une forêt de Bonzaïs que nos deux petites filles les découvrir au détour d’un splendide Gingko Biloba.

Curieuses comme le sont les petites filles, elles tendirent l’oreille pour mieux apprécier les gesticulations acoustiques de nos ménestrels. C’est alors que énervé par ces mélodies, le grand méchant Maître Tongue descendit de son cheval, arme à la main et Scholl’s aux pieds. Son sabre était si long que même Tarantino ne l’aurait imaginé (un peu jaloux le petit Bill). Levant au ciel sa terreur, il chassa nos braves troubadours de ses terres en les menaçant pour l’éternité. Prises de peur, nos deux petites se cachèrent (pas la viande) dans la carriole de nos fuyards. Durant des jours elles restèrent ainsi, sans boire ni manger. Et puis un jour, une délicate odeur de choucroute les fit sortir de leur cachette. Leurs compagnons d’infortune avaient trouvé refuge en Alsace, dans une sorte de château musical. Sans se douter, elles avaient terminé leur périple au Noumatrouff.
Heureuses de se dénouement, elles couraient, transportées de joie, les bras tendus vers le ciel. La choucroute était bonne, le concert aussi et leurs cœurs transcendés de bonheur. Cependant, elles ne se marièrent pas car le contrat n’est pas encore valable entre filles (faudra encore attendre).

www.noumatrouff.com

auteur : Tony ArtRite - artrite@hotmail.fr
interview publiée le 06/08/2005

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