13/12/2019  |  5280 chroniques, 170 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 11/12/2019 à 13:47:36
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La musique italienne



Quand on parle de musique italienne, l'image qu'on a d'elle est plutôt mauvaise : Eros Ramazzotti, Laura Pausini, Zucchero ou le fantasme de notre pré-adolescence, les seins de Sabrina se déhanchant dans une piscine en chantant boys, boys, boys... Seul Paolo Conte sortant de la médiocrité. Même parmi les passionnés, la bonne musique italienne pénètre très peu nos oreilles. Ce qui démontre encore une fois comment l'auditeur est "manipulé" et qu'il faut une bonne dose de curiosité pour découvrir des choses intéressantes venant de notre voisin transalpin. Voici un petit aperçu non exhaustif et plutôt foutraque de la musique italienne.

Commençons notre voyage dans la région de la Pouille (sud-est), d'où est originaire une musique traditionnelle du nom de la tarantella. Selon la légende, la tarantella est une musique qui guérit du venin de la tarentule (araignée) parce qu'elle réveille les esprits des malades qui ont besoin d'agitation. L'instrument phare de la tarantella est le tambourin qui mène le rythme de cette transe. Les italiens parlent de " guitares battantes ". 2 disques trouvables en France pour découvrir : I Cantori Di Carpino (Tarantella) et L'Arpeggiata (Tarantella-Andidotum tarantulae). Loin d'enfermer les musiques traditionnelles en folklore, les italiens ont su renouveler le genre avec le napolitain Eugieno Bennato et son excellent disque Taranta Power (sorti en 1998). Cet album rajoute aux instruments traditionnels des sonorités et des rythmes actuels, invitant l'auditeur à la danse et à la transe. Toujours dans le domaine de la musique traditionnelle, les 2 compilations de La musica della mafia (il canto di malavita et Omertà, Onuri e Sangu) sorties sur le label PIAS partout en Europe, sauf en Italie où ces disques sont interdits. En effet ce sont des recueils de chansons qui proviennent de la Ndrangheta, la mafia calabraise. Les interprètes sont à moité clandestins, étant donné le caractère criminel des textes et du prétendu code d'honneur de cette mafia. Des disques émouvants.

Côté chansons, on peut se procurer des disques de Fabrizio De André, le Georges Brassens italien (il reprend il gorilla). Mon coup de coeur revenant à Gianmaria Testa et son disque lampo (tôt Ou tard). Cela ressemble un peu à Paolo Conte, mais en plus orchestré et avec des textes magnifiques.

Du côté rock, on peut écouter Marlene Kuntz et le disque H.U.P Live in Chatarsis. Ce groupe, auteur déjà de 9 albums, puise ses influences dans le répertoire des Pixies, Placebo ou même Sonic Youth avec pas mal de sonorités noisy. Il reprend sur ce live une chanson du groupe culte des années 90, Consorzio Suonatori Indipendenti. C.S.I est un combo étonnant et inclassable mélangeant le rock, la chanson et le classique et la voix de Giovanni Lindo Ferretti est encore plus caverneuse que celle de Ian Curtis (Joy Division).
Terminons cette revue par un français originaire d'Italie et ex-membre de The Married Monk. En l'occurence Fabio Viscogliosi et son album solo Spazio sorti en 2002. Ce disque fait partie des chefs-d'oeuvre cachés. Un album tout en légèreté où de magnifiques petites mélodies pop restent suspendues à nos oreilles émerveillées.

Malgré une énième défaite annoncée de l'équipe d'Italie face à la France en finale de l'euro 2004 (là, je suis très optimiste), l'été qui arrive sera italien.

Plus d'infos :

http://www.marlenekuntz.com
http://www.caronte.co.uk/archivio/csi/csipage.htm
http://www.ponderosa.it/
http://www.homesleep.it/italiano/index.shtml
http://flirt.homesleep.it/index2.shtml


auteur : Nicovara -

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